To be or not to be…a mummy

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Septembre 2016, cet article  de Madame Gorafi apparait sur mon écran et m’offre mon plus gros fou-rire de mes derniers mois de trentequatrenaire.

Splendide.

35 ans, sans enfant, c’est un peu MON sujet préféré, voyez. Ca, les cagettes de légumes, le mariage ET bien sûr, la cup menstruelle.

C’est mon sujet préféré parce que je suis concernée. Même concernée velu parce que non contente de ne point en avoir déjà, de l’enfant, je revendique à voix haute et sans trembler ma redoutable envie d’en avoir….jamais.

Ouhhhhh.

A l’heure où la plupart de mes camarades pensent enfants, rêvent enfants, en font même, carrément, moi je continue d’attendre fébrilement ma visite mensuelle, ma preuve sanguinolente que tout va bien, que rien ni personne n’a élu domicile à l’intérieur de moi, contre moi.

De fait, chaque mois, à l’arrivée des ragnagnas, j’ai juste envie de chanter une ode à la science et de sabler le champagne dans une réunion « cups menstruelles » en boulotant de l’edamame noyé dans du Côte de Beaune.

Je suis cette personne qui n’a pas d’enfant, et apparemment pas non plus de cette « horloge biologique » dont on nous rabâche le poids. Je suis cette personne qui n’a même pas encore commencé à envisager de débuter un quelconque apprentissage de comment lire l’heure…alors mon horloge, tu vois, bah…

Alors bien sûr, vous allez me dire que, en fait, tout ça, en vrai…qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ? Que je fornique utile, ou par simple divertissement, c’est MON problème, et a priori, tout le monde, toi, toi et même toi là, s’en tape, mais SEVERE.

Et ben je suis bien d’accord ! Tout le monde s’en fout…en théorie.

Parce que, en pratique, en fait, Monde, tu sauras que consciemment ou non, tu nous les brises un peu, régulièrement, nous les « non demandeuses d’enfants ».

Tu nous les brises assez pour qu’aujourd’hui, dans un dernier râle d’agacement, j’ai envie d’attirer ton attention sur 2/3 trucs que toi (oui TOI) tu dis tout le temps, sans même te rendre compte de combien c’est chiant.

Alors tu vois, ce post, je le fais pour toi, pour moi, pour nous quoi….

 

Exemples :

« Non mais là tu dis ça mais c’est parce que t’as pas rencontré le bon… »

OK. Admettons. Mais alors question : quand une autre trentecinquenaire sans enfant te dit qu’elle veut des enfants, alors qu’elle n’a pas non plus « le bon » sous le coude, tu lui dis quoi, du coup ? Non parce que si on part du principe que l’envie vient avec « le bon », comment explique-t-on l’envie de celles qui sont seules ?

En fait, je dis pas que l’envie n’a rien à voir avec « l’Autre », hein, bien sûr. En revanche, « l’Autre » ne fait pas tout. Sache-le. Avoir un enfant, c’est sérieux hein. C’est pas rien. Faut le sentir, quand même, à l’intérieur de soi, tu vois. Enfin je crois. Que « l’Autre » soit une perle, ou pas.

Et pis sans vouloir paraitre désobligeante, si toutes les femmes attendaient d’avoir « le bon » pour enfanter, soyons honnêtes, on aurait pas à devoir s’inscrire en crèche 8 ans avant l’arrêt de la pilule, hein…

NEXT !

 

« Non mais quand ton mec* te dira qu’il en veut, tu diras pas non… »

Ah non ? Pourquoi ? Parce que s’il veut, je veux ? Et pourquoi on ne considérerait pas l’hypothèse du « je ne veux pas, donc il veut pas » ? Je veux dire, c’est aussi con dans un sens que dans l’autre, nan ? Dans tous les cas, y’en a un qui « transige », qui se force, nan ? Et donc vaudrait mieux que ce soit moi, qui me force, et que donc je fasse un enfant dont je ne veux pas, pour créer un être qui sera là, à me subir moi, alors qu’il n’a rien demandé ? Ah.

NEXT !

(*ton mec = « le bon », donc. NDLR)

 

« C’est égoïste, de ne pas vouloir d’enfant »

C’est vrai. C’est égoïste. Alors qu’en vouloir, à l’inverse, est un acte altruiste. Puisque tu ne le fais pas pour toi, par envie…non…tu le fais pour…euh…hum.

Je vais mettre tout le monde à l’aise : c’est COMPLETEMENT égoïste de faire des enfants, et c’est COMPLETEMENT égoïste de ne pas en faire. Egalité, la balle au centre. Argument irrecevable.

NEEEXT !

 

« Tu essayes de te convaincre que tu n’aimes pas les enfants parce que tu as peur de ne pas trouver la bonne personne »

A quel moment ai-je bien pu dire que je n’aimais point les enfants ?

J’aime BEAUCOUP les enfants ! J’adore les bébés, et la plupart me le rendent bien. J’adore leur odeur de bébé, leurs toutes petites mains de bébé aux doigts boudinés, j’adore leur petit duvet et même leur odeur de lait régurgité. Non, vraiment, j’adore les bébés, j’adore VOS bébés, pour plein de raisons, et notamment pour une en particulier : parce qu’ils sont les vôtres. (Comprendre : pas les miens).

Je les adore…chez vous. Je les adore…avec vous.

Quelle joie de vous voir parents quand vous le vouliez tant. Et quelle joie de rentrer ensuite chez moi, le coeur rempli de vos mignonnetés…et la conviction intacte que ce n’est malgré tout pas ce que je veux moi, merci.

NEXT !

 

« Non mais faut pas être négative, je suis sûre que ça t’arrivera aussi, la grossesse… »

Ben…merci mais non merci. Remplace le mot « grossesse » par « gastro » et tu comprendras pourquoi cette phrase, que dis-je, cette menace, me glace.

Calme toi, je dis pas que la grossesse c’est pas bien toussa. Je dis simplement que la grossesse c’est cool pour celles qui la veulent. Mais quand tu la veux pas, avoir des gens qui te souhaitent à longueur de temps que ça te tombe dessus, c’est angoissant, vraiment.

(et je te passe quand ils insistent sur les détails type « ben moi aussi je prenais la pilule, et pis tu vois… », détails ayant pour seul effet de me foutre palpitations et autres nausées anticipatives, devant des recherches internet fiévreuses de type « comment se faire avorter avant de se savoir enceinte ». Merci, hein).

NEXT !

 

« T’as quoi, 30 ans ? T’as le temps…Quoi ? 35 ? Ah. Ben…t’as encore un peu le temps… »

Alors d’abord, merci de me rappeler que j’ai l’ovaire qui sèche. C’est important.

Ensuite, ça t’angoisse toi. Moi, ça va. Moi c’est un peu comme si t’étais gênée de m’annoncer que pour ma carrière de jeune espoir de la GRS française, c’était un peu foutu. C’est un peu triste, c’est sûr, mais vu que je voulais pas vraiment être le jeune espoir de la GRS française, en fait, ben tu vois, c’est pas si pire, comme nouvelle. Respire donc, ça va aller, je te promets.

NEXT !

 

« Un jour, ton horloge te rattrapera… »

Alors….hormis le fait que quand j’entends ça, dans ma tête je vois juste le lapin de « Alice au Pays des merveilles », tu sais quoi ? Peut-être ! Peut-être qu’un jour, j’aurai envie, subitement…qu’en sais-je ?

Si je ne sais pas pourquoi je n’en veux pas (oui parce que là aussi, il faut arrêter, les gens, de vouloir se convaincre qu’un énorme traumatisme m’aurait amené là…désolée, mais pas désolée, j’ai rien à déclarer), si c’est juste que je ne le sens pas, que je n’en ressens ni envie, ni besoin, ni rien, sans raison, juste parce que c’est comme ça, et que ça s’impose à moi, on peut tout aussi bien considérer que l’inverse arrive aussi. Sans plus de raisons. Sans plus d’explications rationnelles.

Ca arrive d’ailleurs à des tas de nanas. Elles n’ont ni le mec, ni les moyens, parfois même un coeur tout brisé et une enfance ultra pourrave ET POURTANT, elles ont une furieuse envie de bébé. Une envie incontrôlée. Aussi incontrôlée que ma non envie à moi, tu vois.

MAIS, quand même, cette histoire d’horloge biologique là…je sais pas. Moi je crois plutôt à l’horloge sociétale, tu vois. Je crois plutôt au fait qu’à un moment, certains d’entre nous ressentent le besoin et l’envie, d’être dans la vie, aux yeux du monde, non plus un homme ou une femme, simplement, mais un papa ou une maman.

Ce que je comprends. On est formaté pour ça. On grandit, on doit évoluer. Nous fumes enfants, nous devenons adultes, l’étape suivante c’est forcément celle d’être parents.

J’entends ça, très bien. j’ai pas été élevée dans une grotte hein. J’ai juste pas la passion des cycles à répéter, tu vois. C’est pas grave, et c’est comme ça. Et je milite pas. Ou plutôt si, je milite pour que chacun fasse bien ce qu’il veut…

Pis surtout je milite pour qu’on arrête de voir les célibataires trentecinquenaires comme des meufs shootées aux hormones de l’horloge biologique qui s’emballe, tapies dans l’ombre de Tinder, guettant, bave aux lèvres, les petites bêtes de l’homme pour les mettre au plus vite dans leur utérus, parce que l’urgence est là, ne vois-tu pas ?!

Be cool, babay. On rêve pas toutes de se faire engrosser…

 

Alors tout ça pour dire que oui, on peut définitivement avoir 35 ans, pas d’enfant, et mériter de vivre.

On peut même mériter de vivre sans qu’à longueur de temps on ne nous parle que de ça, de ces enfants qu’on a pas.

Penses-y, la prochaine fois 😉

 

 

 

 

 

#MeToo…Late

 

Roro (enfin -R.) nous a quitté…

Enfin il a quitté le continent quoi. L’hémisphère même. Oui parce que -R., quand il part, il…part quoi. Fait pas semblant.

Alors bien sûr on lui souhaite de bonnes vacances, toussa toussa, parce qu’on est pas de boeufs. On lui souhaite de nous revenir en forme (de mélanome) et pimpant, de l’Australie, ce pays qui fut le nôtre jadis, naguère…l’Australie qui nous a vu naitre, nous et nos cirrhoses respectives. #coeuraveclesdoigts

Bref, -R. étant absent et nous laissant orphelins de ses déclarations d’amour envers ce gouvernement qui est le nôtre, c’est un peu contrainte et forcée que je me trouve là, again, dans l’unique but de ne point laisser mourir le fruit de notre dur labeur : ce blog. #LOLofTheDay

Non plus sérieusement, ce qui m’amène ce sont 2 petites choses :

  1. ben…le fait que j’ai le temps.
  2. L’ACTU ! Trou du… enfin L’ACTU !

 

Enfin quand je dis l’actu, je veux dire une certaine actu, voire même une actu qui est déjà plus vraiment l’actu, enfin si, qu’est l’actu encore mais pas chaude chaude, un peu en phase de tiédage, quoique toujours un peu chaude quand même rapport au sujet, pis probablement sur le chemin de la réchauffe parce que tout le monde n’est pas encore tombé, les enquêtes sont en cours, les scoops en devenir sommeillent ici ou là…BREF, on devrait ENCORE pouvoir s’émerveiller de ce monde merveilleux pendant ENCORE quelques scandales, pas de panique.

BREF. Tu m’as comprise. En résumé ce que je veux dire c’est que le monde entier a déjà commenté, pour le meilleur comme pour le pire, alors moi, qui arriverais là, comme ça, ça fait un peu…comment dire euh…ça fait un peu comme si j’entendais déjà les gens me crier « oooohhh mais tu vas pas commencer à saouler toi aussi non ???? » et que moi je répondais, penaude quoique sadiquement satisfaite : « et ben…JE CROIS BIEN QUE SI ! »

Alors allons-y, mes amis !

Donc…

Il était une fois une meuf (moi) qui avait un jour quelque peu décompensé sur l’internet, suite à une énième histoire de gros con qui te les casse menu, dans la rue.

Je vous la fais courte.

Extérieur nuit, rue du faubourg du Temple, Paris 10ème (ouais 10, pas 11, j’étais de CE côté du trottoir…les vrais parisiens savent, et moi je digresse).

Sortie de Première au théâtre. Je veux juste rentrer chez moi. Voilà. Je suis seule. Je marche. Sur le trottoir. Exceptionnellement, je ne parle pas toute seule. Je fais juste rien que marcher lorsque mon chemin croise celui d’un mec d’apparence outrageusement banale, qui, arrivé à mon niveau, se met à HURLER littéralement :

« TOI LA ROUSSE, SUCE MOI LA BITE OU TIRE TOI…RENTRE CHEZ TOI PUTAIN »

Hum.

Seconde 1, mon cerveau étant ce qu’il est, la 1ère chose qui me vient c’est « mais…je suis pas SI rousse pourtant…et pis comment il a vu ça dans la nuit ?? »

Seconde 4, mon cerveau recevant un afflux de sang, c’est le bouillonnement qui monte.

POURQUOI ? Pourquoi je me fais HURLER dessus, un truc pareil, en plus ? POURQUOI, en plus, ce con s’est-il tiré aussi vite après ça ? Parce qu’à la réflexion, je lui aurais bien dit banco pour sa pipe à ce con. OUAIS je lui aurais taillé sa pipe à cet enculé…la dernière pipe de sa vie de connard…il s’en serait souvenu, et moi je serais repartie avec, sa petite bite de sale porc de merde. Arrachée à la force des dents. La rage ça permet tout, je te jure. J’ai jamais essayé mais là, là, à cet instant précis, la vérité, je suis prête. La vérité je vais me le faire ce trou du… ET HOP HOP HOP HOP HOP.

Je m’énerve.

BREF.

Donc, peu adepte des pétages de plombs en milieu urbain et hostile, je continue mon chemin en fulminant à l’intérieur de moi, et en observant plus que jamais les autres « moi » que je croise, c’est-à-dire les autres femelles (quitte à être traitées comme du bétail, autant en adopter le vocabulaire). Et je me demande combien d’entre elles ont eu à subir comme moi, ce soir, rien que ce soir, la montée en WTF d’un quelconque connard (ou d’un connard quelconque)…je me demande combien sont en train, comme moi, de remonter la rue avec leurs clés calées entre 2 doigts, prêtes à frapper, « au cas où ». Je me demande combien d’entre elles se sont demandées le matin même, comme moi, comment se saper, compte tenu de l’heure prévisible de rentrage à la maison, du chemin à parcourir, du moyen de transport éventuel…et combien, comme moi, sont présentement en train de se dire que toutes ces précautions de merde qu’on prend instinctivement sans même plus s’en rendre compte ne servent même plus à rien.

BREF. Je rentrais chez moi pleine de rancoeur et de dégout de mon prochain. (Mon prochain, au masculin, oui. J’insiste. Je suis pas fière, mais je suis honnête.) Et là, enfin à l’abri de mon cocon, je partageais ô ma rage, ô mon désespoir sur le réseau du pauvre, Twitter, comme une ado impudique en mal de reconnaissance sociale. Oui oui. Voilà.

La nuit passe. Ma colère un peu, mais pas tant. Je tente de me raisonner, parce que même très énervée, je sais qu’avoir la haine du mâle, de tous les mâles, c’est à peu près complètement con (surtout quand à l’origine, tu les aimes autant que moi, les garçons). Que si on peut le comprendre sur l’instant, ça ne peut plus s’entendre une fois le choc passé. Donc non, vraiment, on ne peut pas mettre toutes les viandes dans le même panier. Et même si parfois, là, et là, il y a de la viande avariée, ce n’est malgré tout pas une raison suffisante pour arrêter toute viande à jamais (et c’est une végétarienne qui vous le dit). (ouais du coup j’ai conscience en me relisant que l’image, là, elle prête à confusion, de fait, mais oubliez le côté « végétarien », osef, en fait, parce que…JE DIGRESSE ENCORE)

BREF.

Une semaine passe et là…WEINSTEIN. Quelques jours encore et #BalanceTonPorc. Quelques jours de mieux : #MeToo.

Ah.

95% de mes contacts féminins partagent ce hashtag. Sans AUCUNE surprise. AU-CUNE.

Moi, non, je partage pas. Je ne mentionne pas que « moi aussi » parce que dans ma tête et dans mon corps bouillonne cette idée fixe que putain de merde, bien sûr que moi aussi, et toi et toi et toi…nous TOUTES quoi. On a TOUTES eu à subir des trucs pas cools…au mieux des invectives dégueu dans la rue…au pire, du harcèlement caractérisé…des assauts criminels, de mecs devenus des criminels pour l’occasion…

T.O.U.T.E.S

Pourquoi ? Parce que apparemment (et pour ne parler QUE des agressions dites « de rue »), y’aurait un truc qui ferait que se seraient banalisés des comportements de gros cons. Un truc qui ferait qu’on ne s’étonne plus qu’un mec se permette remarques/menaces/violences sur une femme parce que bon… »c’est les mecs ».

Les « C’est les mecs », les « tu sais comme sont les mecs », les « c’est pas méchant, juste un mec bourré »…JE VOUDRAIS VOUS LES ENFILER LA OU JE PENSE, ENROBES DE BARBELÉ.

Excusons-moi mais…me semble que nous aussi, les femmes, on se la colle sévère parfois. Pour autant, combien d’entre nous ont des « anecdotes-spéciales-diners » à base de « et là, y’a une meuf torchée qui vient me voir et me HURLE dessus : TOI LE ROUQUIN, LECHE MOI LA CHATTE OU TIRE TOI…RENTRE CHEZ TOI PUTAIN » ?

Combien ? Levez la main. Anyone ? Sonneper ?

Ah.

Est-ce à dire, alors, qu’il serait humainement possible de ne pas hurler des insanités et autres sommation à la turlutte en état d’ébriété ?

Ben si ça se trouve…OUI ! Si ça se trouve, l’excuse de l’alcool n’est PAS une bonne excuse ! Si ça se trouve, c’est peut-être même pas la raison, l’alcool. Si ça se trouve, c’est moins l’alcool que la personne qui boit, le problème. Si ça se trouve, même sobre, un gros con est un gros con. ON NE SAIT PAS ! On a des pistes, il y a des indices, mais…

AUTRE « TRUC » très drôle également, entendu, surentendu, que toi même tu sais que c’est LA réponse type du con de base qui pulule dans nos villes et nos campagnes, le fameux « oui mais…habillée comme elle est, aussi… »

AHAHAHAHAH.

Alors je ris, mais même je ris 2 fois.

La 1ère fois, évidemment, pour le côté « c’est pas notre faute, nous ne sommes que des animaux mués par nos hormones, incapables du moindre contrôle. On le sait, vous le savez, vous cherchez ? Vous trouvez ». C’EST CA OUAIS.

La 2ème, je ris encore plus fort, parce que guess what ? J’ai personnellement assisté quelques 7453 fois, parfois même subi, l’attaque de ce que j’ai appelé « le Double-con ».

Le double con, c’est le mec qui :

  • quand tu portes ta jupette au-dessus du genou se sent investi de la mission de venir te prévenir que non, tu ne devrais pas t’habiller comme ça si tu veux pas te faire « embêter » (« embêter »…c’est mignon…l’odeur de choux de ma voisine « m’embête » …toi tu « m’embêtes » pas Ducon, tu « M’EMMERDES ». Toutes les nuances sont importantes…mais je digresse). 
  • ET quand tu portes un jean et des baskets se sent investi de la mission de venir te prévenir que franchement, tu te gâches, tu devrais pas t’habiller comme ça, parce que personne viendra te draguer, personne n’aura envie d’une fille pas féminine.

AH.

C’est pas chouette ?

QUOIQUE TU FASSES, ça n’ira…JAMAIS ! Heureuse ?

J’ai vécu ce moment. Comme j’en ai vécu beaucoup d’autres SURREALISTES !

Oui parce que aussi, nous les filles, ce qu’on apprend assez vite dans la vie c’est qu’on est jamais à l’abri de se prendre une cartouche gratuitement, là comme ça, sans préambule, sans bonjour, sans pardon. Tu peux être là, à demander rien, à regarder tes pieds que malgré tout tu n’es pas à l’abri. Pas à l’abri d’un mec qui ressentirait subitement le besoin de venir commenter ce que tu es, dans un but euh…ben probablement dans le but de t’ouvrir les yeux sur le fait que tu pourrais faire un effort, quand même, pour te rendre plus conforme à ses critères, à lui. AAAAh.

Exemple :

Extérieur nuit. Nous sommes à une terrasse de café, C. et moi. C. n’a pas le moral, parce qu’elle a la dalle, et si C. a la dalle, c’est parce que C. s’affame pas mal, rapport au régime récemment entrepris, pour perdre ces kilos qui font la rondeur de ses courbes. On papote, elle et moi, lorsque, surgissant de la nuit, un cavalier, enfin un mec cavalier, sans se soucier de nous couper, se jette sur elle pour lui dire « excuse moi mais…faut que je te dise franchement, c’est con que tu te prennes pas en main. Non parce que t’as de jolis yeux. Ton visage franchement, à la limite, ça va. Mais je te le dis pas méchamment, hein, c’est pour toi quoi mais…vraiment…t’es trop grosse ».

« Je te le dis pas méchamment…c’est pour toi… »

Mais comment, COMMENT, et de quelle façon arrive dans ton cerveau l’idée du « ah tiens, si j’allais dire à cette personne qui ne me connait pas, qui ne me regarde pas, ne me parle pas, que je pourrais crever sous ses yeux à l’instant qu’elle s’en taperait le coquillart mais SEVERE…si j’allais dire à cette personne, donc, qu’elle était trop grosse à mon goût ?? »

# »é'(§è!àç)=:;ù^$`£’éç&@ ?????

CA ARRIVE. Oui. True story. JE TE JURE !

Et comment vous dire…comment vous dire à quel point ça me donne envie de tout effacer, de tout annuler…le Monde, la Vie, parce que vraiment on est trop cons…on a atteint le point de non retour de la connerie. A ce niveau là on arrivera pas à faire marche arrière. Trop de boulot. On perdra pas ces 3 degrés qui sauveront la planète. On perdra pas cette déviance à considérer qu’on peut tout se permettre devant le sexe « faible » (« le sexe faible »…tout est dit, hein).

On peut pas les éradiquer, tous ceux-là. Peut-on seulement les rebooter ? C’est pas gagné.

Très franchement, le plus déprimant, c’est que tu sais quoi, moi, je suis pas la plus à plaindre. Loin de là. Parce que oui on m’a fait chier, souvent, mais c’était pas si pire. Pas si pire parce que j’ai pas une apparence fragile, j’ai souvent l’air d’être prête à te sauter à la gueule et un vrai potentiel revendiqué à être une connasse sur demande. Alors on me fait pas TANT chier. Et pis ça reste des agressions verbales, dans la rue. J’ai pas subi, moi, le harcèlement caractérisé, le patron lubrique, le chantage…

Moi la seule « gênance hiérarchique » que j’ai vécu c’était à la fac. C’était mon prof, j’étais son étudiante. Il m’a appelée pour m’inviter à diner. J’ai dit non. On a raccroché. Il avait attendu la fin de l’année pour appeler, et que les notes soient publiées. Il n’avait donc aucun pouvoir réel sur mon avenir. Pis d’ailleurs il a jamais essayé de me nuire. Il a pas insisté. Il a dit « compris ». Et en effet, il avait compris. J’ai eu du bol, voyez. TOUT n’est pas harcèlement ou agression à mes yeux, à NOS yeux, voyez. Nous ne sommes pas qu’un bunch d’hystéros qui s’excitent sur un hashtag, se vengent malhonnêtement, mélangent tout, la drague, le harcèlement, le viol…

Non non. vraiment. On fait la part des choses. On sait quand c’est bienveillant. On sait aussi quand ça ne l’est pas. Quand ça commence à puer. Quand ça devient « trop », quand ça va trop loin, quand ils s’approchent trop prêt, quand on a trop dit « merci mais non merci » et trop compris que le « non » était pas trop entendu, voire pas du tout…

« On fait pas TOUTES la part des choses ? », t’entends-je répliquer ?

C’est vrai ! On est pas toutes muées par les mêmes sentiments, les mêmes intentions, les mêmes drames, les mêmes buts…c’est sûr.

Comme il est sûr que TOUS les hommes ne trouvent pas normal d’aller commenter les tenues, les rondeurs…des inconnues croisées…que TOUS les hommes ne trouvent pas normal de réclamer une pipe à une rousse en hurlant, dans la rue…ou normal qu’une comédienne leur masse la couenne (et le reste) sous la douche d’un hôtel 5 étoiles…

Bien sûr.

Bien sûr qu’il ne faut pas tout mélanger avec la viande avariée. Bien sûr on ne tirera rien de bon à s’affronter. Bien sûr que nous avons tous tout intérêt à oeuvrer ensemble pour…trier. Le bon du mauvais.

Et pour pouvoir trier, il faut pouvoir identifier.

Ca parait simple, pour autant, on ne l’a jamais trop fait…

On ne l’avait jamais trop fait…

Jusque-là…

Du coup, certes, avec mes histoires, j’arrive un peu tard mais…en même temps, quand le problème c’est #MeToo, me semble que la réponse doit toujours être #NeverTooLate…

 

 

 

 

 

 

Et un jour, la gauche…

Mes zenfants, l’heure est grave. Peuple de France, tu te dois d’entrer en résistance!

Désolé pour cette intro putassière digne de Dieudonné, mais pour une fois, je plaisante à peine. « Quoi qu’il a, lui, à encore gueuler ? Il va pas nous en remettre une couche sur Hulot, si ? » Ben non, cette fois, je vais taper de l’autre côté de l’hémicycle. La gauche me navre. C’est pas nouveau, mais là c’en est trop pour mon p’tit cœur.

Alors je ne suis pas de ceux qui pensent que nous avons la gauche la plus bête du monde, hein. Je fais partie de ce pourcentage non négligeable de la population qui pense que rares sont les hommes politiques uniquement mus par l’intérêt supérieur de la Nation. Tout ça, c’est quand même vachement une histoire d’égo. De Dupont Teigneux à Pierre Laurent (secrétaire général du PCF, pour les non cocos) (donc toute la population moins 6 personnes) en passant par Mélenchon ou Hamon, les syndicats et les têtes d’affiche de tous les partis en général, tous pensent d’abord à leur tronche avant de penser à la nôtre.

Et ça va plus loin que les seuls hommes politiques : même les humoristes caricaturistes s’y mettent ! Regardez le pétage de plomb de Pierre-Emmanuel Barré lors de l’entre-deux tours des présidentielles. Le mec crie à la censure alors que non, désolé, mais il n’y a pas eu censure. La censure, c’est quand on veut te faire taire. Là, tu as eu une discussion avec ton boss qui t’a finalement donné l’autorisation de dire ce que tu voulais. On est assez éloigné de Pyongyang, tu crois pas ? Nan, mec, le fait est que tu as lâché le public pour une histoire d’égo franchement déplacée. A l’heure où les gens avaient le plus besoin d’entendre un avis allant à contre-courant du discours général, toi tu as décidé d’en faire une affaire personnelle. Genre le doux poète engagé brimé par le mass media.

Je veux dire, on peut aimer ou non son style, son propos, sa forme, mais le fait de se défouler chaque semaine à l’antenne avait le mérite de créer le débat. En claquant la porte d’Inter, le débat a été déplacé de « a-t-on le droit de défendre l’abstention » à « tout est question de ma gueule ». C’est triste, regrettable. On a besoin d’entendre des voix dissonantes, surtout en ce moment, surtout dans les mois prochains. Barré a choisi de faire parler de sa petite personne. C’est bien la première fois que je vois du mauvais goût chez lui.

Et c’est exactement la même chose avec Mélenchon et Laurent, on l’a vu le ouiquène dernier à la fête de l’Huma : on veut tirer la couverture à soi, « c’est moi le chef de la gauche », « nan y a pas de chef de la gauche et le communisme n’est pas mort » et gnagnagna et gnagnagna. Pareil pour Hamon et Mélenchon avant la présidentielle. Pareil pour les syndicats et les journées du 12 et du 21 : c’est la CGT qui organise, alors on n’y va pas, dit Jean-Claude Mailly (secrétaire général de FO) ! Le 23, c’est la France Insoumise qui organise, alors on n’y va pas ! Oh, les gars ! Vous croyez pas qu’il y a mieux à faire que de se tirer dans les pattes ?

Tout est tellement une question d’égo que ça en devient gerbant. Il n’y a guère que François Ruffin pour rattraper le coup. Lui se sert de sa notoriété pour parler de la situation, aussi bien à son échelle locale (et tout le taf qu’il fait en Picardie) que nationale (et tout le taf qu’il fait à l’Assemblée).

Mélenchon, dans sa vidéo du 8 septembre, s’adresse à son électorat et parle de Hamon en ces termes : « alors je sais que parmi vous, il y a du ressentiment, de l’aigreur suite au maintien de sa candidature (…). » Euh… ouais ? Ça va bien, Méluch ? T’as pas perdu une dent en la sortant, celle-ci ? Non parce que je te rappelle que quand c’est Hamon qui était largement devant toi dans les sondages, toi aussi tu t’es maintenu. Mais même sans parler de ça, tu sais d’où elle vient, l’aigreur des gens ? Elle vient du fait qu’à aucun moment vous n’avez été assez raisonnables pour vous entendre et faire campagne commune. Le ticket gagnant de cette élection, c’était vous deux, c’était toute la gauche. Mais vous avez foiré. Mais vous avez là encore pensé à votre gueule plutôt qu’à l’intérêt supérieur de notre cul. Mais vous nous avez trahis. Oui, je suis aigre. Principalement envers toi, Jean-Luc. Ton plan n’était pas de remporter cette élection, ton plan consistait à devenir la seule opposition, devenir la seule voix de gauche, absorber tous les partis de gauche pour en être le seul chef. Alors tes leçons sur le rassemblement, tu te les gardes. Tu veux rassembler ? Commence par arrêter avec tes conneries de « si Machin m’avait laissé gagner je serais président ». C’est indécent.

Indécent, oui. Alors pas le même genre d’indécence que Macron et ses fainéants, hein. Non, il s’agit d’une indécence peut-être pire que celle des marcheurs. Quand la majorité gouvernementale ose dire que leurs réformes sont attendues par les Français puisque Jupiter a été plébiscité, c’est indécent mais c’en est presque drôle tellement la ficelle est grosse. En revanche, toi, tu vas te servir du mouvement actuel pour assoir ton pouvoir personnel. Si tu avais vraiment été intègre, nous n’aurions pas besoin de descendre dans la rue samedi prochain. En tout cas, pas pour les mêmes raisons.

Et c’est d’ailleurs là que je voulais en venir : le mouvement actuel, les grèves, la marche de samedi prochain. Personnellement, je ne manifeste jamais. Je n’aime pas spécialement le groupe. J’ai parfaitement conscience que chaque mouvement populaire est récupéré. Je n’ai aucune envie d’être récupéré. Mais vous savez quoi ? Eh ben je vais mettre mon égo de côté, cette fois. Parce qu’il est aisé de se plaindre dans son coin, de ne jamais être content, d’applaudir ceux qui bougent tout en restant derrière son écran en invoquant une philosophie personnelle histoire d’éviter d’avoir mal aux pieds. La situation sociale, économique, écologique et politique est trop grave pour ne rien faire.

Alors je vais y aller, samedi. Peu importe si Mélenchon ou je ne sais qui s’auto congratule de la réussite de « son » mouvement. Tant pis. Ce qui compte, c’est de grossir les rangs. C’est de montrer, non pas à Macron mais à tout le pays, que non, les Français ne sont pas désintéressés de la politique. Non, les Français n’approuvent pas le démantèlement de leur système social. Non, les Français, en une majorité écrasante, n’ont pas voulu de ce gouvernement.

Mes zenfants, vous faites comme vous voulez. Mais je pense qu’il est temps de laisser nos égos de côté. On va quand même pas faire pareil que les personnes qui nous représentent, si..?

A la semaine prochaine, soyons nombreux.

En France, on n’a pas d’idée, mais on a Hulot !

Mes enfants, dring dring, c’est la rentrée, youpi ! Hein ? Oui, je sais bien que la rentrée, c’était la semaine dernière, commencez pas ! Mais depuis quand la ponctualité est mon fort ? Nan mais je vous demande ? Alors maintenant que vous avez fini de souligner le fait que j’ai une semaine de retard et, accessoirement, de mettre vos miches dorées en photo sur Insta, va p’t’ête falloir redevenir chafouins trente secondes ! Alors qui qui c’est qu’on va taper sur, aujourd’hui ?

Eh bien sur celui qui l’ouvre le plus ces derniers temps, donc qui, naturellement, est le plus susceptible de dire des conneries : j’ai nommé Nico Playmo Hulot, sous vos applaudissements !

Alors je vous entends d’ici : gnagnagna encore lui, euh, gnagnagna toujours les mêmes, euh, gnagnagna y a pas que lui qui en sort, des conneries. Certes. Meuh bon, vu qu’on a 5 ans devant nous, on aura bien le temps de taper sur les autres ! Et pis soyez sympas, c’est MA rentrée, je peux bien y aller en douceur ! J’ai beau être chafouin, je n’en suis pas moins une petite chose fragile ! Et une petite chose feignasse, oui…

Bref, mercredi dernier 6 septembre, Nico Cheveu Triste a présenté son projet de loi visant à mettre en œuvre le plan climat. Je ne dis pas « son » plan climat, lui il n’a rien décidé, c’était un des points très clairs du PROJEEEETTTT de Macron pendant les présidentielles (si on a fait Pensée Complexe LV1 au lycée). Toujours dans le souci de paraître plus beau qu’il n’est, soit à peu près sur le même ton que pour les perturbateurs endocriniens, voilà notre vert ministre qui nous annonce que youhou, grâce à lui la France respirera mieux, donc le monde respirera lui aussi mieux puisque cette « véritable révolution aura un effet d’entraînement sur d’autres pays ». Du coup, j’imagine que lui aussi respirera mieux car il aura changé son image de péteux aux retournements de veste douteux.

Une véritable révolution, qu’il dit, le ministre ? Vas-y, fais péter la révolution : la France cessera de produire du pétrole en 2040. Hmmm… moui… euh… et..? L’automobile verte en 2040 aussi.

Attendez, y a un truc que je ne pige pas, là. Moi, en lisant ça, j’ai un petit slogan qui sort des tréfonds de ma mémoire… rhaaa, ça faisait comment, déjà..? Ah oui : « en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Voilà ! Il me semblait bien qu’en France, du pétrole, on n’en avait pas masse ! Alors vu que l’annonce émanait de Hulot et que tout le monde reprenait à tue-tête cette belle avancée qui « va dans le bon sens » (dans le même sens que les perturbateurs endocriniens..?), ça commençait à sentir l’enfumage. Et vous savez quoi ? Gagné ! Sur toute la ligne !

Tout d’abord, faut savoir que la France produit chaque année 1% de sa consommation en hydrocarbures. Oui, 1%. Qui pis est, les exploitations françaises ferment les unes après les autres… donc en gros, on nous explique que la révolution, c’est de fermer dans plus de 20 ans un secteur qui est en crise depuis plus de 20 ans. Et qui est appelé à s’arrêter de lui-même puisque le pétrole, je vous rappelle, ça ne repousse pas. Hey, Nico : c’est pas une révolution, ça. Ça s’appelle une annonce. L’annonce du « eh ben les copains, on est arrivé au bout du pétrole en France ».

Surtout, le truc qui énerve, c’est qu’il essaie de faire passer cette non prise de décision en une prise de position révolutionnaire qui sera un exemple pour les autres nations. Oh, Nico ! Tu viens d’annoncer l’arrêt de la pompe d’une source tarie, et tu veux faire la leçon aux autres ? Passe encore quand tu dis que « la France est le 1er pays à prendre de telles mesures » alors que non, pas du tout, y a eu le Costa Rica avant, sans parler de l’Allemagne ou du Royaume-Uni qui ont fait en gros le même genre de plan (tiens, ça doit être la saison)… mais le coup de l’effet boule de neige, stop ! Tu te vois sincèrement dire aux Qatariens (Qataris ? Qatarlandais ? Oh et pis merde) aux Russes : « faites comme nous, arrêtez le pétrole »..? Vraiment ? Du haut de tes 0.02 % de production mondiale ? Moi je te conseillerais plutôt de faire la leçon à la Papouasie Nouvelle Guinée, pour commencer… et pis ça te donnera l’occasion de refaire un Ushuaïa, c’est tout bénef !

Et pis c’est tout de même excessivement culotté, le coup de l’effet boule de neige. Quand on parle du pétrole, OK, c’est bon, l’argument « dominos » est valable, oui oui, le monde entier va se mettre En Marche à la suite de ce grand pays de l’OPEP qu’est la France. En revanche, quand on parle de, je sais pas, au pif, de taxer les mouvements boursiers ou de faire payer l’intégralité des impôts sur les sociétés aux entreprises du CAC 40 (entre autres) qui volent l’état français (donc nous), là ça marche beaucoup moins bien : « Oulala ! Surtout pas ! Et vous croyez qu’ils vont aller où, les capitaux, hein ? Chez les autres !

– Ben… sauf si on arrive à convaincre d’autres pays… vous savez, un pays en entraînant un autre, tout ça… et pis on est la France, 5ème puissance économique mondiale, moteur de l’Europe, on n’est pas Joe le Clodo…

– Pfff, n’importe quoi, ça marchera jamais, on risque notre mort, on reste comme on est !

– Ben oui, mais si ça marche pour le pétrole, alors..?

– Nan mais c’est plus complexe que ça, cherche pas, t’as pas le niveau. »

L’autre point assez drôle de ce plan, c’est le passage sur le véhicule vert. Hulot nous sort qu’en 2040, hourra, on passera au vroum vroum écolo. Tout en ajoutant : « nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse (…) qui est aussi un agenda de santé publique ».

Alors on va encore très certainement dire que je suis de mauvaise foi. De parti pris. Mais quand je lis ça, j’ai un poil tendance à me dire : « ah ouais, les constructeurs français ont déjà les solutions dans leurs cartons ??? « , ce qui a un poil tendance à me mettre de travers…

Non mais je sais, c’est facile de dire ça comme ça, genre « mais qu’est-ce qu’ils attendent pour le mettre en place tout de suite au lieu de nous faire chier à augmenter les taxes sur le diesel histoire qu’il coûte aussi cher que l’essence », point qui est également dans le plan et qui est prévu, lui, non pas pour 2040 mais pour 2020. Je sais bien que ça se prépare, que c’est pas en claquant des doigts que ça se met en pl… hein ? Volvo a annoncé qu’ils arrêtaient la production de voitures à moteurs thermiques en… 2019 ? Et l’Inde a annoncé la fin des moteurs thermiques pour 2030 ? La Chine aussi ? Ah merde… du coup, c’est mieux que nous, ça, nan..? Mince… ça signifie que Hulot n’est pas le Che Gue-vert-ia, alors..? (ndla : non, je ne présenterai pas mes excuses pour ce jeu de mots piteux.)

Allez, vous en voulez un autre, d’exemple qui montre que la France ne fait pas franchement d’efforts concernant la baisse de son emprunte carbone ? Un truc bien débile ? L’Allemagne, la Belgique ou encore le Royaume-Uni (pour ne citer qu’eux), encouragés par une directive européenne de 2003, autorisent à rouler à l’huile de friture (usagée et filtrée), ce qui fait baisser significativement le rejet de CO₂ dans l’atmosphère (entre 50 et 70%)… mais qui fait également baisser significativement les recettes fiscales. Eh ben en France, c’est interdit. De là à y voir un lien de cause à effet… Zut de flûte, y a pas à dire, je suis mauvais esprit !

Alors attention, je ne dis pas que j’ai les solutions. Je dis simplement qu’il y a des options que la France peut mettre en œuvre dès à présent pour améliorer la situation (il aurait même fallu s’y mettre y a 30 piges).

Et je dis également que Hulot est à l’image de son gouvernement : dès qu’il l’ouvre, il brasse du vent.

Ah ben tiens ! Et si on en faisait une éolienne ?

A la semaine prochaine, mes enfants !

Proposition pour une nouvelle définition du Nicolas Hulot.

Mes enfants, qu’est-ce qu’il peut s’en passer, cet été ! Chaque année on nous fait le coup, mais là, élections et changement de gouvernement obligent, on s’en prend deux ou trois en loucedé chaque semaine ! Que ce soit à l’Assemblée Nationale ou à la Commission Européenne, y a tellement de trucs chelou à raconter que j’ai même pas le temps de finir un billet que trois autres devraient déjà être en ligne ! Résultat : je ne sais plus où donner de la tête. Donc je ne sors rien. Avouez que c’est pas sympa, ils pourraient me laisser le temps ! Gâche-métier !

(Oui, c’est une (mauvaise) excuse particulièrement perverse (et mauvaise) que j’utilise, mais quand on est une feignasse (mauvaise) et qu’on préfère siroter du Minuty (très bon) en Bourgogne plutôt que de déverser son fiel dans les interouêbes, faut savoir être inventif (et mauvais).) (et oui, j’aime les parenthèses.)

M’enfin bon, là, quand même, je vais l’ouvrir un peu. Vous voyez ce que c’est, les perturbateurs endocriniens? Mais si, ça va faire un an qu’on en parle ! Les cochoncetés qu’on sait pas comment ça fonctionne mais qu’apparemment c’est pas cool ! Eh ben effectivement, ça agit sur le système hormonal des animaux, êtres humains compris, et c’est la cause de nombreuses saloperies comme le cancer, l’obésité, l’infertilité et j’en passe. Donc non, c’est pas cool.

Alors du coup, vu qu’on sait pas très bien quel est le degré de non-coolitude de ces substances, mais vu aussi qu’on en trouve à peu près partout (plastiques, tissus, pesticides, discours de Macron), forcément y a des gens qui ont commencé à trouver ça pas marrant et qui l’ont ouverte. Comme ça faisait un peu de bruit, c’est arrivé aux oreilles de la Commission Européenne qui a commandé un rapport hyper top secret pour évaluer la dangerosité desdites substances, histoire de voir si on devait les interdire…

Euh… attendez deux secondes… nan, je vérifie juste un truc qui me paraît étrange… ah oui, voilà ! Non, en fait, le rapport est « une « étude d’impact » qui évalue les conséquences « socio-économiques » d’une réglementation visant cette famille de polluants chimiques ». En clair : « ça va coûter combien à nos potes de l’industrie chimique si on les interdit ». Ah ! Je me disais aussi…

Que se passe-t-il à Bruxelles depuis 2009 ? Les parlementaires se chamaillent gentiment pour définir ce qu’est un perturbateur endocrinien. Ben oui, avant de pouvoir interdire tel ou tel produit, faut bien parvenir à les classer. Donc ça fait flipper Monsento, Bayer et BASF. Et on les comprend, c’est un marché qui représente des milliards d’euros. Oui oui, des milliards.

Une première proposition de texte est passée plusieurs fois devant la Commission, systématiquement rejetée par quelques pays, dont la France et sa ministre de l’écologie d’alors Ségolène Royal. Pourquoi ? Parce que le principe de précaution y est bafoué : les produits suspectés sont exclus de la définition, seuls les produits avérés (grâce d’ailleurs à toute une batterie de tests quasiment impossible à effectuer) seront interdits. Et encore, pas tous ! Les pesticides conçus spécifiquement pour cibler les systèmes hormonaux de certains ravageurs bénéficient d’une dérogation introduite en décembre 2016 !

Loin de moi l’idée de voir le mal partout, mais on se foutrait pas un peu de nous, par hasard..?

Donc la France, via Ségo, n’a cessé de clamer que ce texte était tout pourri. Jusqu’au 4 juillet dernier, quand la France a dit que finalement, si, cette proposition était « une avancée considérable ». Et elle l’a dit via qui ? Via notre nouveau Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot !

Faut savoir que moi, quand j’étais gosse, je voulais faire Nicolas Hulot, comme métier. Ben ouais, le mec sautait d’une montgolfière directement dans un kayak pour aller batifoler avec des dauphins… des dauphins, putain ! Son métier, c’était de nager avec des dauphins, quoi ! Alors le gars, on est bien d’accord, c’était un peu mon héros. Y a un an, je me suis pris à rêver lorsqu’on a parlé de lui comme candidat à la présidentielle. Je voyais déjà le Superman de mon enfance sur le perron de l’Elysée pour annoncer le passage de la France au 100% renouvelable, les souliers encore humides des larmes des lobbyistes éconduits. Et puis ça m’a chagriné quand il a annoncé qu’en fait, non, il n’allait pas y aller parce que c’était un job compliqué, Président. Donc tant pis, je me réconfortai en me disant qu’il s’engagerait de toute façon un jour, et bien évidemment à gauche.

Y a pas à dire, j’ai eu le nez creux ! Paf ! Il va chez Macron ! Le type qui pleurait dans tous les médias pour faire prendre conscience à tout le monde qu’on ne pouvait pas continuer avec ce système de merde, il va chez Macron ??? Ou c’est la vanne qui est mauvaise, ou c’est moi qui n’ai pas d’humour…

Bon, on va passer sur le fait qu’Ushuaïa était diffusée sur TF1. Et était sponsorisée par Rhône-Poulenc. Et on va passer sur les 460 000€ qu’EDF a versé à sa fondation Eole jusqu’en 2012, laissant planer un léger doute sur d’éventuels conflits d’intérêt quant à sa future prise de position sur l’EPR de Flamanville (qui appartient, justement, à EDF).

En revanche, on ne va pas passer sur ses belles envolées lyriques qui vous arrachaient une larme à la fin de ses émissions… vous vous souvenez ? Ces déclarations d’amour à Dame Nature qu’il fallait par-dessus tout protéger, ces dénonciations de la tendance qu’a l’Homme à consciencieusement scier la branche sur laquelle il est assis… un type comme ça ne peut pas être un enfoiré complet, si..?

Eh ben si. Parce que le 4 juillet, Nico Cheveu Triste a baissé son froc devant les petits copains du Président. Il a accepté la fameuse proposition. Celle que Royal jugeait inacceptable. La même. Exactement. A la virgule près. Et il vient ensuite devant les caméras pour saluer un texte qui « permettra d’avancer ». La blague.

Et vous savez pas la meilleure ? Dans les gels douche Ushuaïa, on en trouve, des perturbateurs endocriniens ! Marrant, hein ?

Monsieur Hulot, vous me dégoûtez. Votre nom était pour moi la définition du combat pour l’écologie. Je pense qu’il est grand temps de changer de paradigme à votre sujet.

Alors mes enfants, voici ce que je vous propose. Puisque la période est à la définition, nous allons nous rendre à la Commission Européenne afin de, nous aussi, proposer une nouvelle définition à l’article Wikipedia consacré à notre Ministre TF1 EDF Aventis. Voici un premier jet, amendez-le à votre guise :

Nicolas Hulot : étrangeté capillaire ; rentier de gels douche dont les effets néfastes sur le système endocrinien sont soupçonnés mais pas avérés ; protecteur de la nature à la télévision à dos de baleine dont les programmes sont financés par l’industrie chimique et pharmaceutique ; naturellement nommé Ministre de la Transition écologique et solidaire (anciennement Ministre de l’Ecologie mais on pouvait pas garder le nom, c’était trop gros) en 2017. Syn. : cynisme ; retournement de veste ; j’ai pas de face ; micro-boules ; les lobbies sont mes amis.

Ah au fait, Nico, j’ai un pote dauphin qui lit ce blog. Alors fais bien gaffe à tes noix pendant ta prochaine plongée.

Bisou esquimau.

Ô Petite… Le syndrome de Stockholm

Mes enfants, je dois vous le dire, y a un truc qui m’échappe. Que je ne parviens pas à comprendre. Et ça ne date pas d’avant-hier. Qu’est-ce à dire, me demanderez-vous dans un français précieux de bon aloi quoiqu’un tantinet pédant mais bon, ici, on cause bien la France alors zob ?

C’est ce principe qui semble ancré génétiquement dans le cerveau de l’électorat en général et des gens de droite en particulier. Ce principe qui, quoiqu’il advienne, fera toujours se retourner la majorité contre elle-même au côté de ceux qui l’ont justement maltraitée. Toute sa vie. Ça porte un nom, ça, la victime qui prend le parti de son bourreau…

Ça commence généralement assez jeune. On est dans une école pas top, avec des gosses de toute origine, et on entend Jean-Pierre Pernaut qui tape sur les migrants. Alors on regarde les basanés de sa classe, et on se demande si c’est bien vrai que plus on fait de gosses quand on n’est pas Français, plus on est riche. Et puis on grandit un peu et on entend les hommes politiques qui disent que les chômeurs devraient peut-être un peu bosser parce qu’ils coûtent cher à notre beau pays. Et on est un peu d’accord parce que c’est pas normal que des gens qui ne travaillent pas vivent des impôts de papa et maman. Et on apprend relativement tôt cette belle valeur de droite (lol) qu’est la valeur du travail. Alors quand on est un peu plus grand, on décide que tiens, ce serait pas mal de monter sa boîte ; quitte à bosser, autant que ce soit pour soi. Alors on bosse, on paie des taxes et on trouve ça pas normal parce que quand même les étrangers et les assistés y en a marre.

Parfois, rarement, on appelle la radio et on n’a « pas peur de le dire tout haut ». Pis parfois on rappelle, et on le dit plus fort « parce que quand même c’est pas normal ».

Parfois encore, mais c’est encore plus rare, on décide d’entrer en politique « parce que trop, c’est trop ». On se dit qu’on va changer les choses, que « cette fois y en a maaaaarre-euh ».

C’est ce qui est arrivé (plus ou moins) à cette grosse morue chroniqueuse de RMC (ouais, je sais pas vraiment quel est le plus insultant, en fait), Claire O’Petit, députée En Marche et Chevalier de l’Ordre de la Crème Caramel à la Choucroute (OCCC, 29 rue du Général de Gaulle à Epinay), qui clame sans rougir que les étudiants sont tout de même bien culottés à venir chialer pour 5€ de moins sur leurs APL alors qu’ils sont déjà boursiers et qu’en plus ils ont des tarifs préférentiels sur les transports ! Bande d’ingrats !

La vache (c’est une expression, hein, je ne parle pas de la grande gueule qui marche), vous admettrez que celle-ci, faut avoir de bons gros ovaires bien accrochés pour la sortir sans trembler des genoux ! Alors chère Claire, je peux t’appeler Claire (et te tutoyer, aussi, vu que tu viens du peuple alors on est tous copains), chère Claire, laisse-moi te dire deux choses.

Déjà d’une, non, chaque étudiant qui bénéficie des APL n’est pas nécessairement boursier. J’en fus la preuve (plus ou moins assidue) lors de mes quelques années de fac. Je sais bien que sur RMC, c’est plus le volume des éructations indignées (et parfois, fort rarement mais ça arrive, déplacées) que le processus de réflexion amenant à ces éructations qui prime. Mais sans déconner, machine, oh ! Ça te dirait pas de faire un peu de recherche avant de l’ouvrir ? T’es pas avec Moscato, là ! T’es à l’Assemblée, juste ! T’as pas quelqu’un pour te rédiger des notes qui peuvent te permettre de te faire un avis complet sur la question, avant de l’ouvrir ? Toi aussi, tes assistants sont fictifs ?

Et de deux, on va revenir deux secondes sur ton parcours. Si on se fie à ton Wikipedia, ça vaut ce que ça vaut mais ce n’est pas insultant (retiens bien cette phrase) que de dire que pour trouver des infos sur toi, c’est quand même pas évident alors oui, avoir un Wikipedia c’est déjà pas mal, donc voilà oui mes infos viennent de Wiki je le dis haut et fort et je vous emmerde ah ben merci de m’avoir coupé donc du coup je suis perdu alors j’arrête ma phrase et je recommence.

Plouf plouf.

Claire, tu as travaillé toute ta vie. Tu n’as pas un niveau d’étude dingue (un CAP couture, vraisemblablement), tu ne sembles pas venir des hautes sphères (vu ta façon de t’exprimer, y a deux choix : ou tu es une grande comédienne ou tu es une bonne vieille prolo comme moi), tu as bossé de 17 ans jusqu’à ta retraite en enchaînant les tafs de vendeuse de chaussures, toiletteuse, ambulancière, VRP, patronne d’une boutique de lingerie, démonstratrice de robots de cuisine… bref, en gros, tu as plus ou moins galéré mais tu as suivi ton petit bonhomme de chemin et tu peux garder la tête haute. Tu sais ce que c’est que d’en chier. Je suis persuadé qu’entre la période où tu fus patronne PUIS vendeuse Tupperware, ça n’a pas été Disneyland tous les jours.  J’en sais rien, je te connais pas, mais c’est comme ça que je te vois. Tu sais parfaitement comme la vie dans notre société traumatisée peut être pour le moins éprouvante. Et maintenant que tu es dans les arcanes de la République, si tu ouvres un tantinet les yeux, tu sais d’où viennent une (bonne) (bonne grosse) (mais alors bien bien grosse) partie de nos malheurs. Et si tu ne sais pas où regarder, voici un indice : tu vois l’hémicycle ? Y a un truc à gratouiller de ce côté-ci… tu vois l’Elysée ? Je serais toi, j’irais y faire un tour. Tu vois la Bourse de Paris ? Tu veux que je continue ?

Alors putain de merde, quoi, Claire ! Pourquoi tu viens taper sur les étudiants et les gens en précarité ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Ce sont des assistés ? Des sangsues pour la société ? C’est à cause d’eux et des aides abracadabrantesques qu’on leur file que la France est à sec ? Toi, quand on te dit « faut faire des économies » et qu’un de tes collègues (je ne parle pas de tes coreligionnaires de radio) balance « on a qu’à baisser les APL, on file déjà assez de tunes à cette bande de feignasses », toi, pourquoi tu ne te lèves pas pour dire (et non éructer) « euh… et si à la place on étendait la Taxe sur les Transactions Financières aux opérations intraday qui ne sont que des opérations de pure spéculation..? Nan passque j’ai vu que c’était possible de faire ça et que ça rapporterait environ 500 millions d’euros par an, soit plus de 40 millions par mois, soit 10 de plus que cette idée à la con de baisser les APL… nan moi je dis ça, j’y connais pas grand-chose mais à vue de pif, ce serait plus humain, nan..? Hein, les copains, vous en pensez quoi..? Les copains..? »

Non, toi, c’est pas ce que tu fais. Toi t’es assez con pour aller devant les caméras pour raconter n’importe quoi. Et tu sais pourquoi ? Parce que, toi aussi, tu souffres de ce syndrome de Stockholm. Toi aussi tu as passé ta vie à t’en prendre plein la gueule à cause de tes nouveaux petits copains de la majorité présidentielle, et toi aussi tu as fini par adopter leur posture, leurs expressions, leur façon de penser, si pensée il y a encore… car là, on est plus dans la réaction conditionnée que dans la réflexion.

Je ne te hais pas, Claire, ma petite. Bon, je dois admettre que j’ai un tout petit peu vomi en regardant cette interview sur le Huff, hier soir. J’ai hurlé intérieurement le dégoût que tu provoquais en moi. Et puis je me suis calmé. Et puis j’ai réfléchi. Et aujourd’hui je te plains. Tu es malade, Claire, malade comme tant d’autres traumatisés… sauf que toi, maintenant, tu es une élue. Comme tant d’autres traumatisés.

Mes enfants, on n’est pas sorti du brun.

Et puis un jour, France Inter…vient…

Imaginez…

Vous êtes menuisier.

Vous créez du mobilier. Vous partez de…rien…et vous créez tout de vos mains.

Vous savez que pour la sécurité il vous aurait mieux valu finir banquier MAIS rien ne vous plait tant que menuiser, alors…au diable la raison, vous décidez de vivre du feu ardent de votre passion.

Vous galérez un peu en ce moment c’est vrai…parce que bon, c’est la crise…les gens n’ont plus les moyens, alors changer le mobilier, non, c’est pas d’actualité…

MAIS vous n’en restez pas moins menuisier.

Alors vous continuez, tant bien que mal à…menuiser.

Vous achetez des matières premières, à vos frais…vous vous endettez oui mais, il faut bien travailler.

Et puis vous vendez moins oui, mais vous vendez un peu parfois, quand même. A des gens passionnés, eux aussi, qui ont un peu économisé, pour s’offrir le fruit du travail d’un artisan de qualité.

Alors donc que vous en êtes là et que les premiers signes d’un printemps charmant tapent à vos fenêtres, on sonne à votre porte. Au bout du fil (ou du couloir), une personne à la voix souriante prend de vos nouvelles, et s’inquiète de savoir comment ça va.

« Ca menuise beaucoup en ce moment ? Ben non, bien sûr…c’est dur… »

Vous êtes menuisier, vous êtes naturellement quelque peu méfiant, vous ne connaissez pas cette personne, cette personne ne vous connaît ni vous, ni votre métier…néanmoins, la curiosité piquée au vif, vous la laissez terminer.

Elle s’inquiète, donc. Pour vous, pour votre métier. Elle s’inquiète oui, mais pas tout à fait, en vrai, parce que vos difficultés, ben ça lui a donné une idée. Une idée de concept… complètement innovant…qui va changer la vie des menuisiers.

Elle vous explique que votre problème, surtout, c’est que les gens ne vous connaissent pas. Que vous n’avez présentement pas assez d’acheteurs pour parler de vous, de vos meubles autour d’eux, et vous ramener de nouveaux clients.

« C’est du bouche à oreille qu’il vous faut ! »

Ah.

Peut-être bien. Admettons. Mais alors que faire ?

Alors, elle vous explique que vous n’allez rien changer ! Vous allez continuez à acheter vos matières premières, à les travailler de vos mains, pour en faire un joli truc final. Comme avant. Tout pareil.

EN REVANCHE, une fois vos meubles terminés, prêts à être vendus, c’est LA, LA, que elle interviendra ! Elle vous « fera de la pub », comme elle dit.

Ah.

Oui, elle créera un site, qu’elle appellera…euh…ben MeublesGratuits, par exemple, parce que c’est percutant, ça parle aux gens. Sur ce site, elle mettra vos meubles en photo et en valeur, et proposera de les acquérir GRATUITEMENT !

« Gratuitement ?? » vous étonnez-vous naturellement

OUI, gratuitement !

(Enfin juste moyennement des frais de dossier équivalents à environ un dixième de la valeur du bien, parce que bon, un site internet et une personne pour l’alimenter, ça se paie, hein, faut bien comprendre.)

Ah.

Hum.

Elle vous sent dubitatif, bien sûr, elle vous explique bien « qu’on a rien sans rien », et que si personne ne voit jamais vos meubles, personne ne voudra jamais les acheter ! Alors imaginez…imaginez toute cette publicité que vous feront tous les heureux acquéreurs de vos meubles gratuits ! Un meuble donné, c’est 10 personnes à qui l’ont en parle, qu’elle dit…

Toujours dubitatif ? Hum. C’est normal. Après tout, vous êtes un menuisier, pas un lapereau de 3 semaines…

Vous faites un résumé rapide :

« Donc, je bosse pareil…j’investis de l’argent pareil…et pis alors MeublesGratuits prend mes meubles et les « donne »…moyennant frais de fonctionnement…

Donc, finalement les acheteurs de ces meubles gratuits payent pour recevoir leur meuble «gratuit ».

Moi je paye pour faire ces meubles.

MeublesGratuits facture les acheteurs et se rémunère sur ces frais.

Et moi…nada ? »

Non MAIS attention ! Ce n’est que provisoire ! Puisque évidemment, tous ces gens ayant bénéficié de meubles gratuits vont en parler à leurs amis, et aux amis de leurs amis, et aux amis des amis de…enfin ils vont en parler, et votre gloire sera assurée !

C’est ça qu’elle dit, à MeublesGratuits.

Ah.

Alors, et à défaut de meilleure idée, et parce que vraiment, dernièrement, les choses vont mal, vous décidez de tenter votre chance. Pourquoi pas, hein ?

« Qui ne tente à rien…hein… »

Alors vous investissez, encore. Vous créez encore. Et vous « offrez » vos meubles à MeublesGratuits qui lui-même les « offre »…enfin les donne contre « frais de fonctionnement »…hein…

Les mois passent. Vous avez donné quelques dizaines de meubles. Vous n’en avez plus vendu un seul…mais attendez toujours fébrilement les commandes des amis, des amis des amis, et puis des amis d’amis de…comme promis.

Inquiets, vous commencez quand même à vous demander si donner était vraiment la meilleure idée…ben oui, pourquoi les gens paieraient s’ils peuvent avoir la même chose gratuitement ?! La solution est donc évidente : il faut arrêter de donner, et attendre les retombées de ce « bouche à oreille » tant espéré.

Le temps passe….et il est bien le seul…

Rien ne se passe, en réalité.  Vous vous inquiétez encore un peu plus, et commencez à vous renseigner.

Sur MeublesGratuits, à ce moment-là, c’est vrai, il n’y a plus de meubles à vous disponibles gratuitement…

Sur MeublesGratuits, à ce moment-là, il y a d’autres meubles…il y a d’autres menuisiers…parfois très différents de vous, et pis parfois assez semblables…

Sur MeublesGratuits, quoiqu’il arrive, il y a toujours un truc gratuit…

Le doute vous fait désormais transpirer à grosses gouttes alors vous décidez de pousser l’investigation et de parler aux principaux intéressés…vous savez, ceux qui ont bénéficié de la gratuité. Vous voulez bien sûr vous assurer qu’ils ont bien communiqué !

Alors vous leur demandez : vos amis, et les amis de vos amis, et les amis des amis de vos amis, vous leur en avez parlé ?!

Les réponses sont unanimes : OUI ! Bien sûr ! Et désormais, tous leurs amis, et les amis de leurs amis, et les amis des amis de leurs amis sont TOUS devenus adeptes de….

MEUBLESGRATUITS !

 

Vous êtes déconfit. Mais…

C’est la crise, vous comprenez. Les gens n’ont plus les moyens de changer de mobilier.

Oui c’est la crise et puis surtout…

Sur internet, MeublesGratuits, MobilierRéduit, ToutAZeroEuro…ont pris de l’ampleur…

Payer son mobilier, faut comprendre…ça ne se fait plus…

Il faudrait être fou (ou complètement con) pour payer ici ce qu’on peut avoir gratuit juste là.

Une lumière vous traverse alors le cortex : ne seriez-vous pas un peu…dans la merde ?

Plus personne n’achète, tout le monde scrute ces sites au rabais. La qualité, voire même l’utilité, ne sont plus une priorité. Le nom du menuisier ? Personne ne s’en soucie ! Votre sort ? Rien à carrer !

Plus personne n’envisage plus d’acheter. Pas même ceux qui ont les moyens…  « parce que c’est pas parce qu’on en a, de l’argent, qu’on a envie d’être le seul con qui paye, hein ! »

Ah.

Pendant ce temps, MeublesGratuits, quant à lui, n’en finit plus de faire parler de lui.

Dernièrement, y’a même une grande radio nationale publique et très sérieuse qui lui a consacré un article !

Alors quand même, il faut être honnête, pour vous, ça sent un peu le souffre, hein…

Maintenant que le monde considère comme acquis le droit d’avoir du mobilier gratuit…maintenant que le procédé est adoubé par les médias républicains…pourquoi, comment, réussiriez-vous à vivre de votre métier ?

Alors bien sûr, vous en voulez au monde de ne pas comprendre qu’il vous tue. Vous en voulez tellement à MeublesGratuits qui hier abusait de vous, de votre crédulité désespérée et se gausse aujourd’hui d’avoir si bien réussi.

Vous avez envie de crier à tous les jeunes menuisiers qui arrivent sur le marché et acceptent eux aussi de collaborer au suicide de leur métier qu’il ne faut pas, qu’il faut savoir dire non…que quelques mois de crise avant que le marché reprenne, c’est quand même mieux que la mort du marché…

Parce que la mort, voyez, c’est…définitif…

Mais…peut-être, vous dites vous, que tout le monde s’en fout, au fond, de la disparition des menuisiers…

 

Peut-être qu’elle est là, la cruelle vérité…

 

Tout le monde s’en fout, de savoir de quoi vivent les ménuisiers, à l’heure où règne la Gratuité.

 

Alors vous tentez de comprendre à quel moment exactement tout ça a démarré…

Et puis surtout en quoi vous y avez contribué…par votre naïveté, votre crédulité…

 

Cette histoire sera peut-être (sans doute) vraie, un jour, pas si lointain…

Peut-être même qu’elle est déjà un peu vraie à l’instant précis où j’écris ces lignes…

 

Cette histoire c’est celle de la Culture en général…du théâtre, en particulier…

 

A quel moment, à quel moment avons-nous cessé de réaliser le cout du théâtre ? A quel moment avons-nous décidé de fermer les yeux sur les dérives ? A quel moment avons-nous développé cette hypocrisie incroyable du « oooh, ils filent des invits à 5€, c’est pas SI grave…c’est bien, même, pour ceux qui ont de petits moyens »…

C’est bien, oui, pour ceux qui ont de petits moyens…

Sauf que pour ceux-là, y’a des asso, quand même…qui donnent de vraies invitations GRATUITES… qui ne font pas de bénéfices sur le dos de ceux qui galèrent, voyez…?

 

Tous les soirs, arrivent dans nos théâtres des gens qui gagnent 2, 3, 4 fois nos salaires et se présentent avec des invitations. Pas qu’ils pouvaient pas payer leurs places, hein…mais…une économie, par les temps qui courent, c’est toujours bon à prendre…alors ils ont préféré donner 5€ à un site mortifère pour avoir une invitation, plutôt que 20€ à un théâtre pour qu’il vive, et que les auteurs de la pièce, les comédiens, le metteur en scène…soient payés…

Les comédiens, auteurs, metteurs en scène, théâtres…ne gagnent donc RIEN.

VOUS, vous PAYEZ vos « invitations » (ridicule non ?!)

Les sites dits « gratuits » encaissent votre argent…et le gardent, pour eux.

Vous avez bien lu !

VOUS payez vos invitations. Le théâtre paye l’impression de vos billets d’entrée. Ces sites ne payent RIENJAMAIS. A qui que ce soit. Ils se payent eux, sur votre dos, sur notre dos, sans jamais prendre le moindre risque.

Alors…

NON, ils ne peuvent pas honnêtement se revendiquer comme passionnés de théâtre ou concernés par lui !

NON, ils ne peuvent pas honnêtement expliquer pourquoi leurs bénéfices ne vont pas dans un fond de soutien à la création, aux auteurs…par exemple…

NON, ils ne peuvent pas justifier pourquoi ils seraient les seuls à être payés, grâce à des faveurs que certains théâtres, certaines productions désespérés leur font !

« Culture pour tous », répondent-ils ? « Il faut penser aux gens en difficultés » ?

Devinez quoi ? C’est le cas ! Des dizaines, que dis-je, des centaines d’invitations sont proposées quotidiennement aux étudiants et aux personnes dans le besoin, par des organismes qui font de la VRAIE gratuité, des organismes solidaires. Des associations, quoi !

Ici, on parle de sociétés dont le but est de faire du profit, et dont la quasi entièreté du business plan repose sur la paupérisation du théâtre : plus la Culture va mal, plus elle lutte, plus elle est désespérée et prête à tout tenter et mieux vont les affaires de ceux qui n’ont de gratuit que leur nom !

NON, ils n’ont aucun intérêt à faire la promotion de nos spectacles ! Si demain nos salles sont pleines, de quoi vivront-ils ?!

NON, ils n’ont aucune pensée, aucun égard pour les artistes et les lieux culturels.

NON, ils n’ont pas non plus le respect d’un public qu’ils induisent en erreur en mettant « gratuit » dans leur nom alors même que rien n’est complètement gratuit chez eux !

Et NON, mille fois NON, il ne peut être accepté qu’une radio du service public aide ces entreprises cruelles, et induise le public en erreur sur le fond réel de ce commerce.

MAIS, tu le crois, tu le crois pas : c’est pourtant ce qu’a fait France Inter le 22 avril 2016.

Soyons sérieux, très sérieux, 2 minutes, hein…

Avec son article promotionnel pour l’un de ces sites du « tout gratuit » (ou plutôt « tout pour eux », puisque finalement RIEN n’y est gratuit !), France Inter a tiré une nouvelle balle dans le genou de ceux qu’il est censé défendre. Avec cet article, France Inter a failli à sa mission de service public.

Journalistes de France Inter, vous n’êtes pas de jeunes étudiants blogueurs qui auraient au moins l’excuse d’avoir besoin de faire du « billet sponso » pour manger, et seraient donc prêts à dire du bien de n’importe quoi, pourvu qu’il y ait quelque chose dans l’assiette.

Journalistes de France Inter, vous êtes payés par nous tous. Vous avez la mission d’être responsables.

Journalistes de France Inter, vous ne pouvez pas prétendre ne pas comprendre ce que font ces entreprises, et sur quelles stratégies malsaines elles reposent…

Journalistes de France Inter, vous ne pouvez pas prétendre avoir parlé de ces gens là par souci de solidarité, de promotion de la Culture pour tous…

Journalistes de France Inter vous ne pouvez pas ignorer que moult associations à but non lucratif permettent à ceux qui en ont besoin d’accéder à la Culture gratuitement…vraiment GRATUITEMENT…sans faire payer à ses adhérents le prix de leur recherche de profit…

Journalistes de France Inter, pourrez-vous nous regarder dans les yeux et nous affirmer que oui, bien sûr, ces sociétés peuvent nous aider ? Que oui bien sûr le téléchargement gratuit a aidé à la promotion de la musique et du cinéma ? Que oui les chaines gratuites ont fait la promotion des chaines payantes ?!

Votre fausse naïveté est une irresponsabilité.

Une irresponsabilité grâce à laquelle ces sites soit disant « gratuits » gagnent du terrain…entament un peu plus le marché… grâce à la pub que leur font ceux qui vivent grâce à nous, nous tous !

 

Ubuesque, non ?

 

France Inter, les mots me manquent pour te dire ma déception…

France Inter, ne vois-tu pas qu’à cause de toi, ces sites vivront… ?

Ils vivront jusqu’au jour où leur macabre entreprise atteindra son but : tuer toute économie de la Culture…

Et alors, le business de la crise de la Culture épuisé, il leur faudra se réinventer…

 

Et sans doute partir vivre sur le dos des menuisiers…

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Envie de mieux comprendre, encore ? Allez découvrir ou redécouvrir l’excellent article de Jérémy Manesse sur les dangers de la gratuité à outrance : http://www.jeremymanesse.com/2014/10/et-si-on-ratait-notre-suicide-lettre-ouverte-aux-professionnels-du-theatre-vivant.html

ProcrinspiraTeam, Chapitre 2

Allez, allez…je m’y mets…je me suis même interdite de sport jusqu’à ce que je ponde un truc…donc, crois-moi, ça va pondre, sec…

 

Ah ben ça y est, c’est pondu, la vanne est faite.

 

Bave. Colombe. Toussa.

 

Tu devrais pas chercher à faire un truc d’envergure. Tu devrais faire…écrivain public.

 

Ecrivain public ?

 

Ouais. De SMS.

 

Hum…

 

Payée au caractère.

 

?

 

Ben…le « Short » de SMS, il apparaît que dans l’appellation SMS chez toi. Tu te fais rémunérée au caractère, t’es riche, meuf.

 

Des SMS pour qui ? Pour dire quoi ?

 

Pour qui les gens voudront…et pour dire quoi…ben…c’est là que c’est beau : pour dire RIEN….MAIS, en plein de mots, un peu longs…mots longs, phrases longues, SMS longs, pognon…

 

Et toi t’es tout à fait un con, non ?

 

Un pragmacon. C’est un con oui, mais pragmatique.

 

Aaaaah…non ben oui ça valait le coup d’expliquer…c’était pas évident, cette vanne, vraiment. C’est déposé ou je peux la reprendre ? Nan parce que vraiment, vraiment…

 

Tu t’éloignes du sujet…

 

Ah ben non, on est pile poil dans le pragmacon là, nan ?

 

C’était pas le sujet…

 

Non le sujet c’était moi qui écrivais des messages trop longs, c’est vrai…alors t’as raison, parlons-en…de ma sociabilité, de mon envie de communiquer avec mon prochain, de mon amour de l’échange…

 

Tu m’as envoyé un message de 132 lignes, meuf…c’est pas de l’amour de l’échange là, c’est de la névropathie latente…

 

C’était un sujet qui me tenait à cœur, je voulais être le plus précise possible, et c’est arrivé qu’une fois…

 

On parlait de l’utilité de la chair à saucisse dans les lasagnes…

 

Et ?

 

Donc la chair à saucisse c’est un sujet sensible, dans tes critères, ta vie, ton œuvre… ?

 

Non. C’est un sujet sensible pour tous, pour le monde. En général. Tout démarre avec une saucisse.

 

…Oui… Oui… Ben c’est en tout cas « un sujet ». 132 lignes, sur la base de 24 caractères par ligne, espaces compris, mettons 10 cents le caractère…5 cents même…ça nous fait le texto à plus de 150€ brut…BIM. 3 textos du genre et t’as de la chair à saucisse pour les 24 prochaines années de lasagnes.

 

Humm. Mais…je crois pas que les gens paieraient 150€ pour que je leur prépare des messages sur la chair à saucisse, pour leur amis…en fait je crois pas qu’ils paieraient ce prix même pour la manger, du coup, quand même, ça me paraît un…

 

VOILA. On y est. Merci.

 

J’ai pas compris.

 

Je sais. Mais c’est ça, qui est beau. L’univers se partage en 2 catégories majeures : les « Concis Pragmatiques », et les… « Incontinents du bulbe »…

 

…C’est moi l’incontinente ?

 

OUI ! Mais tu n’es pas seule…vous êtes une chiée là-dehors, d’incontinents chroniques qui prennent leur pied à noyer leur diarrhée verbale dans les cuvettes douteuses de nos indifférences…

 

Le champ lexical là…je sais pas…je…

 

TU NE COMPRENDS PAS. C’est de l’or, entre tes mains !

 

C’est pas une chanson de Jennifer ?

 

N’en jette plus ! Je suis convaincu !

 

Que c’est une chanson de Jennifer ? Ouais moi aussi je crois…je suis pas sûre sûre parce que bon, Jennifer c’est pas vraiment ma came mais…elle chante encore ? Non parce qu’un pote m’a dit…

 

C’est CA ! Blablater autant, digresser avec autant de facilité, c’est pas possible, c’est un don, c’est…une merveillance…TU ES MERVEILLEUSE !

 

Ah oui ?

 

HAN…on va créer une appli…on l’appellera……BLABLACAM !…tu feras aussi des réponses live, enfin parlées, je veux dire…on mettra ta tête partout, tu deviendras l’icône nationale de l’Incontinence psychique… La Marianne du PDV : le Peuple de la Diarrhée Verbale…

 

Alors attention parce que là je sens que tu t’emballes un peu seul et non vraiment, le champ lexical, j’ai un doute, et ça m’ennuie un peu parce q…

 

LAISSE TOI PENETRER PAR L’IDEE…Penses-y…tu pourrais tout lâcher, toujours…tu deviendrais un modèle de transit..ion professionnelle !

 

MDR, hein…XPTDR, hein…

 

Et un jour peut-être, tu sauveras le monde de la constipation, de l’occlusion somatique ! Tu seras comme….comme…

 

Un pruneau du cerveau ?

 

Mais ne te dénigre donc pas comme ça…un pruneau, c’est toute l’estime que tu as de toi ?

 

Me demande celui qui vient de faire de moi la Reine des Diarrhées du Monde…

 

NON, tu vaux mieux que ça…tu es…savoureuse, tu es…

 

 

Un piment !…un petit…non enfin un beau piment d’Espelette ! De ceux qui te prennent par surprise…qui t’ouvrent les portes de la libération quand tu t’y attendais plus, tu vois ?

 

Euh…

 

Putain c’est bon ça…y’a 20 minutes, la journée servait à rien…et là d’un coup BIM, le bon bouton, la créativité en branle, jusqu’à l’explosion finale…la jouissance intergalactique…

 

Non mais vraiment, au niveau du choix des mots je crois vraim…

 

Meuf, on a un nom, un logo, un vrai service de santé publique à proposer…on est, on est…

 

Dans la merde ?

 

Blogbopatch-Blablafeuque

ProcrinspiraTeam…

T’en es où ?

De ?

Tu sais

(tousse)

Tu fais quoi ?

Ben je tousse…t’as pas dit « toussez » ?

O-K. J’étais sérieux.

Moi aussi.

BREF. T’en es où ? Ca avance ?

Amance ? Ah non j’y suis pas retournée depuis…pfiou

Je suis sérieux.

Tu es « cerf, vieux » !

Tu es « pas drôle »

Je suis « pas d’rôle » ?

On peut être sérieux…3 minutes…genre ?

On peut être cerf, vieux, oui, sans aucun doute…mais attention au chasseur ! OU au lapin parce que figure toi que ce matin, un lapi…

STOP

In the name of Love ?

Seriously

« Serre Bruce Lee » ?

On touche le fond…

« Casse moi tout là-dedans je veux plus rien reconnaître ! »

MAIS QUOI ???

Faut le dire avec l’accent québécois

MAIS QUOI ?

« TAPE DANS LE FOND »

Non mais…non mais WHAT THE FUCK ?

Ben on est en plein dedans justement !

T’as pris quoi, sans déconner ?

Oh ce qu’il est vulgaire !

Mais de quoi tu parles ? Tain meuf je sais pas dans quoi t’as mis les doigts mais putain…

Jeu de mots obscène ! J’adore ! Super.

T’es malade…

…et je reste seule avec mon…dé-ses-poir, je suis MALADEEEEUUUUHHH

Non mais sérieux, ferme…

QUOI MA GUEULE…QU’EST CE QU’ELLE A MA GUEULE ??

Tais toi

Toi toi mon toit, toi toi tais-toi tout mon roi…

Putain mais c’est même pas les paroles….

PAROLES, PAROLES, PAROLES….

T’as raison, ça matche avec ton strabisme

On t’a déjà dit que tu ressemblais à Alain Deloin…?

C’est lourd, je te jure, et c’est même pas de toi

AVOIR UNE SEULE INSULTE DE TOI, CA F’SAIT LONGTEMPS QUE J’ATTENDAIS…

O-K. Tu comptes faire toute ta playlist de bouses ?

Debbouze ? Elle dit qu’elle voit pas le rapport

VRAIMENT ?

VRAI ! M’man !

Spathétique

Spafrançais

Osef

Nop, osef pas

Ben si osef

Ben non, imho, osef pas

Imho, tu fais iech, je fais iech, that’s it

Tu veux ouej ?

TU as ouej, t’assumes

J’ai pas ouej à ça… ça fait 9 lignes que ma reum pipe plus rien putain…

Ouais mais ta reum là, tu vois, oim j’la…

ATTENTION, tu vas citer du Booba baltringue…

« Tu roules et tu glisses sur la blanche, blanche, neigeeee »

Non mais t’es con ou quoi ? Tu veux qu’on crame ??

MAIS QU’EST-CE QU’ON ATTEND POUR FOUTRE LE FEU ?

Ouais vas-y…

VAS-Y VASA ? LE PLAISIR EST COMPLET !

Raaahhh putain…

Ah non, Monsieur n’est pas une putain, Ra c’est…

LET THE SUNSHINE….LET THE SUNSHINE IN….

Et donc, t’en es où ?

De ?

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Procrinspiration…by upNdawn

« Vas-y ce soir, le monde peut s’écrouler, ma voisine peut arrêter de bédave, ma mère peut me parler cup menstruelle…WHATEVER…ce soir je ponds minimum 2 pages…

1 page…

UNE page mais…THE page quoi…

Un chef d’œuvre, une splendeur…tu vas te PIS-SER dessus…

Même j’y mettrais une intrigue…

Un suspense quoi…

Oh et un cliffhanger final !

Ca va être fou.

 

Allez vas-y je m’y mets là…je sens que ça vient…j’ai Word qui brûle sous mes doigts mec…

Je suis A BALLE baby !

 

Ca sent la beuh on est d’accord ?

 

SI, ça sent la beuh.

 

C’est la voisine.

 

Les jeunes…tsé…

 

Je suis à ça d’appeler ses parents…

 

Non ça me regarde pas, en effet, SAUF QUE si, un peu, parce que merde, ça sent la beuh, et ça m’empêche de bosser là tu vois…

 

J’ai une putain de page entière à écrire moi MERDE. Ca va pas se faire comme ça, hein, ma carrière prometteuse d’écriveuse de trucs supers, hein.

 

Non, je me dissipe pas…

 

C’est que là, en l’occurrence, excuse-moi, c’est quand même pas MA faute, hein…c’est que……Han…t’as vu ?

 

Putain c’est chaud.

 

C’est hypra chaud.

 

Roh la vache, les boules…

 

Nan je te jure.

 

‘tain j’étais bien lancée et BIM, ça qui tombe quoi…

Rolala.

 

Attends je checke si Steph elle a vu…

 

Quoi ça quoi ?

 

Ben Louane.

 

Louane.

 

LOUANE.

 

Une blonde qui finit pas ses phrases.

 

Ouais ben elle vient d’avoir une Victoire de la Musique en attendant.

 

Ben si.

 

Ben c’est chaud !

 

Ouais non mais c’est pas que je veux pas m’y mettre PUTAIN…

 

C’est que là, en l’occurrence, excuse-moi, c’est quand même pas MA faute, hein…c’est que……t’as mangé une banane ?

 

Je dis pas que ce serait grave, juste je te demande si tu as mangé une de mes bananes…

 

Elles étaient 3…je m’en souviens parfaitement, j’en avais fait un bouquet…

 

Pour ce vase là. Vide. Toujours.

 

Oui ben là, je rêve pas, y’en a plus que 2, des bananes, on est d’accord…

 

DONC, t’as bouffé une de mes bananes…

 

Non mais vraiment osef hein…

 

Juste voilà…

 

C’est pas…grave…

 

Juste…

 

Tu squattes chez moi, toussa…

 

Je te fais une tisane c’est cool…

 

Alors c’est pas grave nan mais juste parles-en quoi merde, quand tu bouffes une banane…

 

NON C’EST PAS GRAVE juste que ça nique un peu l’harmonie de mon bouquet…

 

Les bouquets de bananes en nombre pair ça porte malheur.

 

C’est tout.

 

Ben si.

 

Tout le monde sait ça.

 

Ouais et pis tu sais quoi ? J’ai pas le temps là, de blablater sur tes conneries de bananes hein…

 

J’AI UNE PUTAIN DE THE PAGE A ECRIRE…

 

Et non je « gagne pas du temps » comme tu dis…

 

C’est que là, en l’occurrence, excuse-moi, c’est quand même pas MA faute, hein…c’est que……Et d’ailleurs tu vis où toi déjà, rappelle-moi ?

 

T’as pas de maison ? Pas d’adresse ? Pas de face ou quoi, pour rester là, comme un con, devant ma télé, avec ton air d’abruti et mon bouquet de bananes dans le bide ?

 

T’es là pour ça avoue ? T’es là juste pour m’empêcher de bosser…putain…

 

Ouais parce que tu sais, TU SAIS, que si je m’y mets, c’est pas une page que je ponds, c’est 500 si je veux….là…dans les 5h qui viennent….ouais mec…500 pages qui te feraient chialer ta race tellement elles seraient ouf parce que les écritures, moi, ça me vient là trop comme ça, tu vois, c’est trop easy pour moi…le monde m’envie ouais…y’a des gens, y disent comme ça « ouais upNdawn, vas-y fais kiffer, fais pas ta chienne, raconte nous une histoire….tu tues comme meuf, la vérité tes histoires elles déchirent grave, laisse béton quoi »…ouais ouais mec….mais ça évidemment tu l’avoueras jamais, t’es qu’un jaloux…JALOUX…Bouh comme t’es pas joli quand t’es jaloux…la vérité toute ta face là elle est déformée par ton aigreur grasse…TU SUINTES, mon pauvre ami…tu suintes d’amertume…même que t’as les boules, t’as les glandes…t’as les crottes de nez qui pendent ! Ah !

 

Ouais ouais…

 

Ouais j’ai dit « laisse béton »…ouais « crottes de nez » toussa aussi…et ? so what ? T’es de la Répression de la Fraude à l’Expression ?

 

Parce que tu te crois « trop frais » toi ??

 

JE CRIE PAS.

 

Je pose des questions.

 

Je t’interroge, je m’intéresse à toi…

 

EXCUSE-MOI, hein…vraiment…

 

De la ?

Div… ?

Diversion ?

 

MOI, je fais de la « diversion » ?

 

Non non mon ptit gars…je fais pas de la « diversion », comme tu dis…

 

Non moi je perds pas, je perds JAMAIS le focus, tu vois…

 

Alors ouais, t’inquiète que je vais me la faire THE page, ouais…

 

Sauf que…

 

…là, en l’occurrence, excuse-moi, c’est quand même pas MA faute, hein…c’est que… »

 

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